]]> Fri, 28 Sep 2012 16:01:05 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150435822557857 <![CDATA[Propos recueillis par Faten HAYED de El Watan]]> http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150435822557857

Mon défilé du 26 novembre lors du FIMA 2011 Styliste : Mame Faguèye Bâ Photo : Marc Richez
Vous venez de participer au FIMA, qu'elle a été votre sentiment par rapport à cet événement ?

C'était ma première participation au FIMA à Niamey. J'étais très antousiaste vu le thème de cette année "Paix et développement". Ma participation était importante en tant qu'ambassadrice des casques bleus pour la paix de l'ONU, et en tant qu'artiste engagée pour les droits humains notamment ceux des plus faibles : les femmes et les enfants. C'était aussi l'occasion de soutenir les actions d'Alphadi que je remercie vivement au passage et de démontrer que le Niger est un pays qui évolue bien ; de démontrer que notre continent peut se développer et que la mode en est un facteur

important.

Vous étiez jury, comment avez vous trouvez les jeunes talents en générale, et la gagnante en particulier ?

En tant que membre du jury du concours des jeunes créateurs, j'ai été éblouie par ces différents talents qui rivalisaient de créativités. A travers les dix collections présentées. j'ai eu une lecture de plusieurs styles en herbe qui méritaient bien leur place sur ce podium international. Cepenpant, il fallait tenir compte des critères de sélections déterminés au préalable par l'organisation qui était : "vendable et exportable". Voilà pourquoi la gagnante sortait largement du lot, bien que je pense que ces critères ont eu tendance à minimiser le travail du créateur et du métier de styliste.

Les autres candidats n'ont pas démérité, c'est pourquoi nous avons eu beaucoup de discussions entre membres du jury avant de choisir le travail du candidat le plus proche du thème.

Votre style est connu internationalement. Comment réussi-t-on à s'imposer dans un domaine qui est plutôt chasse-gardé en Occident ?

Tout d'abord il faut vaincre la chasse-gardé de la médiocrité sur notre continent... Car nous ne savons pas encore organiser cette filière. Bien souvent Le "styliste" s'apparente plutôt à un commerçant d'ailleurs beaucoup se spécialisent. l'un fait du wax, l'autre du pagne tissé ou de l'urbain... Ce n'est pas ce que je comprends de mon métier qui est une profession à temps complet qui ne donne pas le temps de diriger une entreprise ou de diriger le marketing.

Pour ma part, je ne suis pas sur un podium international pour présenter du déjà vu. Un styliste se doit de présenter sous son nom de la création car c'est cette création que l'on décline en tendance possible. Je ne fais pas monter des costumes sur un podium s'ils ne représentent pas le fruit de mes recherches de coupe, de mélange de matières, de volume... et s'ils ne correspondent pas à une démarche d'ensemble et de mon regard de la société. Pour le vendable c'est à un distributeur, une marque de montrer sa ligne de vêtement créée par son styliste.

Nous devons avoir une démarche qui tende vers l'universel. Terminer avec le misérabilisme ambiant et organiser notre filière : du dirigeant d'entreprise ou d'une marque au créateur en passant par le financier et le marketeur ; Nous devons également valoriser tous les métiers de la mode et son artisanat comme la broderie par exemple.

D'ailleurs avez vous eu des difficultés, si oui lesquelles et comment vous vous êtes sorti de ça ?

Vous savez le métier de créateur n'est pas une profession facile... Mais je me bats pour faire respecter une démarche créative artistique qui n'est pas toujours comprise mais indispensable au développement de ce secteur parce que c'est cette démarche qui permettra, en partie, de faire évoluer le secteur en Afrique.

Et puis, vous savez, les tendances meurent, le style reste !

Parlez nous de votre style, vos lignes ou collections ?

Vous savez, je suis née à Saint-Louis du Sénégal. C'était la capitale de l'AOF comprenant le Mali actuel, le Sénégal et la Mauritanie. Saint-Louis était aussi un comptoir pour l'Europe. Je m'y ressource fréquemment et tente de rendre hommage à cette ville par mes créations en exprimant la diversité culturelle. Je suis également costumière, J'ai eu à réaliser les costumes de "Tableau Ferraille" de Moussa Sène Absa qui m'a valu le premier prix des costumes au MNET 98 en Afrique du Sud. J'ai également fait les costumes de "Karmen", "Un Amour d'enfant", "Le Prix du Pardon" pour les réalisateurs africains mais aussi "Capitaine des Ténèbres" de Serge Moati, "Tremblements Lointains" de Manuel Poutte, réalisateur belge, "Black" de Pierre Laffargue, Aduna de Olivier Langlois, réalisateurs français...

Créer un style pour une personne par rapport à sa personnalité, ses fonctions, son rôle, la personnalité de son rôle, ses formes : que ce soit au cinéma ou dans la vie, j'ai à peu de choses près la même démarche. Au cinéma, il faut en plus gérer les costumes, les patiner, reproduire un costume fonctionnel pour les films historiques ou le style de l'époque. Quelques mois avant sa mort, Henri Duparc voulait travailler avec moi pour ses nouveaux projets de film et cela n'a pas pu se faire. C'est un grand regret pour moi. Au delà de l'homme chaleureux qu'il était, il a apporté une vision du cinéma en Afrique.

Quelles sont vos influences et combien de temps peut prendre la création d'une collection ?

Je voyage beaucoup en plus de mes recherches personnelles dans le domaine artistique et culturel, la rencontre humaine et l'échange m'apparaissent inhérents à mon processus de création, mes influences sont donc multiples d'autant que je m'intéresse beaucoup aux cultures nomades et pas seulement africaines... Mais je n'en dis pas plus à ce sujet car prochainement je vous présenterai toute une collection dédiée à la culture flamenca et tsigane.

En ce qui concerne une ligne de vêtement dédiée au marché la durée de création va très vite 3 à 4 mois. En règle générale pour le cinéma ou l'art vivant c'est à peu de chose près le même délai de temps de création. J'ai aussi une collection qui s'appelle "Liens" et celle-ci durera le temps de ma vie de créatrice...

Mon défilé du 26 novembre lors du FIMA 2011 Styliste : Mame Faguèye Bâ Photo : Marc Richez Mannequins : Marta Raphaëlle Gouandjika ; Florence ; Diarra ; Irya Cissé ; Nala Penthera ; Marième ; Mam Tene

Que pensez vous de la mode africaine actuelle, et comment elle évolue à l'étranger ?

De quelle mode parlez-vous ? La création ethnique destinée à la communauté africaine dont les modèles ont été vus et revus ? La création dans sa conception doit-être une vision universelle. Nous avons peu de créateurs portant cette vision en Afrique. Ce qui pousse le créateur à devenir commercial de son entreprise. Ce sont deux métiers différents qui a tendance à limiter le créateur. Au mieux, il devient créateur d'événements.

Un créateur doit se rapprocher de l'universel sous peine de se limiter lui-même. Sinon, bien sûr que la création africaine est riche, riche en couleurs, riche en matières et riche des différentes façons de travailler cette matière. Il faut croire à notre savoir-faire car sinon vous en serez à rendre un hommage à titre postume comme on le fait pour Chris Seydou qui n'a pas vécu de ce métier à la hauteur de ses compétences.

Où sont les créateurs professionnellement reconnus ? Là où il y a une industrie du textile forte prête à créer des marchés. En Afrique subsaharienne nous n'avons pas d'industrie du textile. Cela pose une vraie question. Prenez la filière coton, une partie est produite en Afrique et elle nous revient en tissu sous des marques européennes comme la plupart des tissus. Très peu de distributeurs appellent un styliste d'Afrique pour dessiner une ligne où s'il le fait c'est dans des conditions innacceptables où vous êtes le "nègre" du soi-disant créateur...

C'est bien de vouloir défendre l'artisanat et le tissu fait à la main qu'on appelle "pagne tissé" mais cela ne suffit pas à une démarche globale de développement.

Il faut vraiment, à la fois, que l'on assainnisse notre secteur et qu'on l'organise. Où sont les investiseurs qui croient professionnellement investir avec un créateur ? Voilà autant de questions qu'il va falloir répondre très vite pour ne pas se priver de la beauté d'un nouvel esthétisme naissant.

J'ai pu remarquer que vous levez et faites lever le poing à vos mannequins au final de votre défilé, pourquoi ?

D'abord parce que la création est une lutte permanente, un engagement. En dehors de mon combat professionnel notamment celui de faire reconnaître une profession, j'ai un regard sur mon environnement, ma vision humaine du monde, j'essaie d'avoir un sens critique qui attise d'ailleurs forcément ma sensibilité en puisant dans mon goût de la justice et d'égalité des chances. Et particulièrement je lève mon poing pour symboliser la lutte contre l'exploitation des enfants dans le monde et pour la défense de leurs droits. Je suis à l'initiative du collectif international qui s'appelle "L'Enfant A la Parole" qui se structure pays par pays afin de mieux lutter contre les phénomènes d'exploitation des enfants. La mendicité, les enfants soldats, les petites bonnes, les trafics d'organes, le travail dans les mines, etc... Nous avons l'ambition de créer un grand mouvement solidaire pour combattre l'exploitation des enfants sous toutes ses formes en insistant sur les trois leviers essentiels que sont le Juridique, l'Education et la Santé. Nous devons nous engager pour éradiquer ce fléau car aucun développement n'est possible autrement.

Nous pouvons dire aimer notre pays ou notre continent, mais sans la volonté de faire par tous et le refus de l’intolérable, tout appel à la solidarité et à l’amour est une imposture.

A quel événement vous allez participer prochainement ?

Début 2012, je serai à Paris pour Black Fashion Week organisé par Adama Ndiaye et pour une tournée européenne pour un spectacle en live (concert et costumes) qu'on appelle "Rencontres Nomades"...

Je tenais également à vous remercier et en profiter pour saluer chaleureusement vos lecteurs. A très bientôt dans vos colonnes.

Mon défilé du 26 novembre lors du FIMA 2011 Styliste : Mame Faguèye Bâ Photo : Marc Richez Mannequins : Marta Raphaëlle Gouandjika ; Florence ; Diarra ; Irya Cissé ; Nala Penthera ; Marième ; Mam Tene

]]> Thu, 15 Dec 2011 09:39:04 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ https://www.facebook.com/pages/Beaut%C3%A9-Tendance/152644054777378 https://www.facebook.com/pages/BeFashionLike-Mag-the-best-style-from-fashion-blog/91162428313 https://www.facebook.com/pages/TV5/112291385454370 https://www.facebook.com/therollingstones https://www.facebook.com/RadioFranceInternationale https://www.facebook.com/pages/Youssou-Ndour/89971228242 https://www.facebook.com/pages/SYNDIELY-WADEUNE-PERSONNALITE-DISCRETE-DANS-L-OMBRE/127890030563599 https://www.facebook.com/pages/Pierre-Richard/23477263456 https://www.facebook.com/PlaneteMode https://www.facebook.com/pages/Miss-Africa-Australia-Pageant/112450796569 https://www.facebook.com/amagazinecuratedby https://www.facebook.com/SenewebPointCom https://www.facebook.com/pages/LIFA-MAGAZINE/100935089948401 https://www.facebook.com/KiyanaWraps https://www.facebook.com/pages/Karl-Lagarfeld/21754281037 https://www.facebook.com/pages/Kewe-Mar/111912832158631 https://www.facebook.com/michaeljackson https://www.facebook.com/pages/Jean-Pierre-Mocky/112292065454302 https://www.facebook.com/iwearafrican https://www.facebook.com/pages/Gis%C3%A8le-Halimi/112282282122119 https://www.facebook.com/pages/GIRLYS-magazine/153486744720458 https://www.facebook.com/FairPlayPageOfficielle https://www.facebook.com/ConfidenceModelManagement https://www.facebook.com/expagency https://www.facebook.com/ousmanetanordieng https://www.facebook.com/pages/Maryse-Ewanj%C3%A9-Ep%C3%A9e/138009362877752 https://www.facebook.com/pages/Erika-Cologon-Hajaji/178020012271637 https://www.facebook.com/pages/Eunice-Barber/104005929636544 https://www.facebook.com/pages/Festival-Africain-du-Film-Vid%C3%A9o-et-de-la-Photographie/303146469691 https://www.facebook.com/glamourparis http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150360663762857 <![CDATA[L'Enfant A la Parole]]> http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150360663762857

L'Enfant A la Parole

"L'Enfant A la Parole"

représente un collectif international afin d'éradiquer le fléau des enfants de la rue et de toute exploitation de l'enfant. Nous voulons créer les conditions de faire respecter les Droits de l'Enfant signés à l'ONU par tous les pays du monde (sauf Etats-Unis et Somalie) par la création d'un grand mouvement solidaire et international réunissant tous les acteurs et toutes les forces que forment une société.

Nous avons commencé par un appel sur le net qui rappelle l'importance et l'enjeu de cette campagne invitant toutes et tous à signer et à faire signer.

A ce jour nous comptons plus de 12 436 signataires qui soutiennent cette initiative. Il nous faut être encore beaucoup plus nombreux afin de peser, pour créer des événements en faveur des enfants défavorisés dans tous les pays et aider le secteur associatif qui a comme objectif de développer des projets structurants au niveau de la prise en charge, de l'Education et de la Santé.

En dehors du fait de l'inacceptable, nous mettons l'accent dans notre combat sur l'égalité des chances, que tous les enfants aient droit à la protection, à l'éducation "formelle" (au suivi du programme scolaire de l'Education nationale) et à la Santé.

Nous insistons sur ces trois leviers essentiels que sont : le Juridique, l'Education et la Santé.

Sur le plan juridique dans les états du Nord le cadre est posé mais les secteurs de l' Education,

de la Santé se dégradent et les lois sont de moins en moins respectées. Dans certains pays, notamment en Afrique, de nombreuses lois restent à écrire ou à valider par les Assemblées nationales afin que ces Etats soient conformes au respect des Droits de l'Enfant :

- rendre obligatoire l'enregistrement à l'Etat civil dès la naissance ;

- rendre l'école obligatoire entre 3 et 16 ans (suivi du programme scolaire de l'Education nationale) ;

- lois sur la maltraitance, la traite d'enfant, l'esclavagisme,… ;

- lois d'accompagnement notamment de prise en charge "des enfants de la rue" ou dans un état de précarité...

Sur le plan de la Santé, nous demandons le dépistage et un programme de vaccination gratuit des maladies infectieuses et contagieuses comme le choléra, la tuberculose, le VIH/SIDA, etc… pour tous les enfants dans cette situation de précarité ainsi que la prise en charge immédiate et gratuite des enfants malades…

Voici quelques uns des thèmes qui feront l'objet de conférences, de soirées / spectacles, de nouveaux supports originaux de communication afin de sensibiliser toutes les forces et toutes les couches sociales d'un pays car, si la cause essentielle est unique, la pauvreté, les traductions de l'exploitation de l'Enfant par l'Homme sont multiples et dépendent des cultures ainsi que du "marché" que représente la misère dans chaque pays. En effet, cela va du trafic d'organe aux enfants soldats, à la mise en esclavage dans les extractions minières, à la traite d'enfant, au travail des enfants, à la pédophilie, à la mendicité…

Pour la femme, l'enfant et contre leur exploitation !

Nous savons pertinemment que notre travail n'est pas seulement humanitaire, d'ailleurs la prise en charge de cet inacceptable fléau par l'unique besoin humanitaire est un échec... Il est impératif de considérer ce fléau comme un problème global au même titre que l'environnement où l'eau, la pollution, le réchauffement climatique sont des enjeux de vie. L'éradication des enfants de la rue est aussi un enjeu de vie pour l'ensemble des Hommes de la planète car sans une prise en charge sociale de ce phénomène aucun développement n'est possible.

Projet à Dakar : Création d’un Centre d’accueil expérimental de réinsertion familiale quand cela est possible ; de réinsertion scolaire et sociale et initiation à la création artistique dont médecins, enseignants, psychologues, artistes sont prêts à faire fonctionner le Centre dès qu’il sera prêt.

Nous pouvons dire aimer notre pays ou notre continent, mais sans la volonté de faire par tous

et le refus de l’intolérable, tout appel à la solidarité et à l’amour est une imposture.

Mame Faguèye Bâ, Styliste et costumière

Signez l'appel en clquant sur cette adresse : http://www.lenfantalaparole.com

Défilé au FESMAN 2010 - le 30 décembre 2010 - Dakar Styliste : Mame Faguèye Bâ Photographe : Stéphane Tourné

]]> Fri, 04 Nov 2011 23:16:27 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ https://www.facebook.com/pages/SYNDIELY-WADEUNE-PERSONNALITE-DISCRETE-DANS-L-OMBRE/127890030563599 https://www.facebook.com/pages/Manu-Dibango/109525609065315 https://www.facebook.com/mauraneofficiel https://www.facebook.com/pages/Bo%C5%99ek-%C5%A0%C3%ADpek/107500255988591 https://www.facebook.com/pages/ALPHADI/81683438466 https://www.facebook.com/pages/Miss-Africa-Australia-Pageant/112450796569 https://www.facebook.com/pages/Festival-Africain-du-Film-Vid%C3%A9o-et-de-la-Photographie/303146469691 http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150128300492857 <![CDATA[Table ronde à Blaise Senghor]]> http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150128300492857

Table ronde au Centre culturel Blaise Senghor, mercredi 30 mars à 16h00.

Dans le cadre de ses nouvelles activités, le Centre culturel Blaise Senghor tient une table ronde sur le thème : «Le combat des femmes pour le développement de la culture : partage d’expérience et perspectives». Avec Germaine Acogny, chorégraphe ; Joséphine Zambo, actrice ; Anta Germaine Gaye, plasticienne ; Sadiya Guèye, styliste et Mame Faguèye Bâ, styliste et costumière ; Nafissatou dia Diouf, écrivaine et Awa Cheikh Diouf, l’ancienne directrice de Blaise Senghor sera la modératrice.


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Sat, 26 Mar 2011 15:55:56 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ
http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150112768407857 <![CDATA[Terrains Découverts]]> http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150112768407857

Terrains Decouverts spectacle de danse des habilites mixtes
Terrains DéCouverts

Une femme et quatre hommes. Trois danseurs ayant un handicap physique et deux sans handicap: cinq sénégalais d’aujourd’hui qui gèrent leur vie sur des chemins et détours entre des frontières imaginaires et des limitations réelles produisant des images poétiques.

Exclusion. Limitation. Délimitation. Restriction. Quelle est la relation entre ces notions lorsque de différentes traditions et histoires s’y retrouvent ? Lorsqu’elles s’influencent mutuellement et se mélangent?

Le Goethe-Institut Sénégal a invité la compagnie de danse DIN A 13 tanzcompany à Dakar.

Pour explorer des phénomènes qui sont alignés le long d’une ligne fragile, ils se sont immergés dans un voyage, ensemble avec des danseurs locaux.

Pendant ce voyage, ils cherchent des réponses entre les gestes doux et non-dits, pour répondre aux questions évidentes et subtiles. De plus, ils se versent dans des images suggestives et mouvementées, telles que le thé - doux-amer - sénégalais.

Direction artistique: Gerda König Chorégraphie : Gitta Roser et Gerda König en collaboration avec les danseurs: Cheikh Bassène, Coumba Déme, Saliou Diène, Ibrahima Faye, Boubacar Mane Coach culturel et assistance : M’ah Aissatou Bangoura-SowCostumes et scénographie: Mame Faguèye Bâ Musique: Jules Guèye Direction de Production: Gustavo Fijalkow

Terrains Decouverts spectacle de danse des habilites mixtes

Produit en partenariat avec le Goethe-Institut Sénégal et également soutenu par le Ministère de la Famille, de l’Enfance, de la Jeunesse, de la Culture et des Sports de Rhenanie du Nord-Westphalie, l’Office de la Culture de la Ville de Cologne, la Fondation “SK-Stiftung Kultur”, la Fondation “Sir-Peter-Ustinov” et la “Fondation Kämpgen”

Quelques photos du spectacle à commentaer en cliquant sur ce lien : http://www.facebook.com/album.php?aid=282676&id=99613888263&ref=mf

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Sun, 06 Mar 2011 19:41:55 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ
http://www.facebook.com/note.php?note_id=479538682856 <![CDATA[Mon retour à Lomé]]> http://www.facebook.com/note.php?note_id=479538682856

Lomé, défilé du 11 décembre 2010
Communiqué de presse

Je suis retournée à Lomé pour rendre hommage à tous les Togolais, qui de près ou de loin ont contribué à une fin heureuse de mon enlèvement, séquestration, torture, et tentative de meurtre. En bref de l'enfer que j'ai vécu au mois de mai dernier dans cette ville d'une chaleur humaine exemplaire qu'on appelle Lomé.

C'est à travers de ce que je sais faire le mieux, mon métier de créatrice que pour ma première sortie en public, j’ai tenu à rendre hommage à votre président, à tout le gouvernement, notamment au Ministre de la Sécurité togolaise, à tous les services de police, les techniciens telecom, le médecin qui s'est occupé de moi à partir de ma libération, à Son excellence consul du Sénégal, sa femme qui était à mon chevet jour et nuit pendant que je recevais les soins nécessaires avant mon départ pour Dakar ; et aussi à tous les togolais qui se sentent inquiets pour leur sens de l'hospitalité atteint. J’ai voulu, en ma présence, en leur offrant ce spectacle d'un grand défilé de mode de mes créations. Leur dire non, ce n'est pas de votre faute. Je garde une confiance inestimée de votre chaleur humaine et de votre hospitalité aux étrangers. Pour leur dire aussi « vous êtes toutes et tous mes frères et soeurs et je vous aime ». Et bien c’est fait ! Je pense avoir réussi mon retour chez vous en vous faisant partager cette émotion que j’ai pour chaque tenue en les créant.

J'ai une seule requête aujourd'hui aux autorités policiaires et/ou judiciaires c'est de faire publier la photo sur tous les medias possibles et dans le plus de pays possibles d'un des ravisseurs, qui à ma connaissance, est toujours en fuite et qui se ferait appeler « Tony ADE ». Pour le reste, la justice doit être faite, je souhaite un procès public afin que cette horrible histoire ne puisse se reproduire.

Je voulais également remercier sincèrement Maître Têtê Wilson, Président de l'Association ACOFIN et toute son équipe, organisateurs de cette 5ème édition du Festival des Divinités Noires pour m’avoir invitée dans le cadre de ce festival et afin de vous présenter ma création. J'aimerais aussi remercier sincèrement Luc Rosso, directeur de l'Hôtel Ibis de Lomé qui sans lui rien n'aurait pu se faire. Je remercie toute l'équipe technique togolaise et les mannequins et tout particulièrement Gora KAKAYE, Frédéric MERLET, Babou Naïlé et Hamidou Ongoïba, que de belles rencontres. Je tenais également à remercier la communauté sénégalaise et tous les sénégalais du consulat d'être venus nombreux à mon défilé et m'avoir soutenue pendant tous ces mois derniers. Je peux vous dire aujourd'hui que je reviendrai sans crainte !

Ma collection : du samedi 11/12/2010 présentée s’appelle « Liens »

A notre époque l'Homme a besoin de liens, de donner du sens à l'humain, plutôt que de se concentrer sur des non valeurs que nous ne maîtrisons pas... Et si ces liens étaient représentés par nos conquêtes des Droits. De nouveaux droits pour les femmes, le droit à l'égalité des genres ; les droits des enfants, le droit à l'égalité des chances, le droit aux ressources et à la connaissance. Même là où ces droits existent ils sont bafoués partout dans ce monde. Du sourire d'un enfant qui va à l'école à l'émancipation de la femme pour son choix de son activité humaine, libérée de son fardeau moral, religieux, et économique qu'elle porte ; que portent aussi les enfants par leur exploitation par l'Homme. Pour un réveil du 21ème siècle : Debout pour les liens qui unissent, nous libèrent pour une société plus humaine et solidaire.

Les liens dans cette collection sont symbolisés par le mélange de matières, et de techniques, d'assortiments de couleurs. Mais aussi par un ensemble d'accessoires : cordons, rubans, lanières et boucles.

Par ailleurs, certains déjà, connaissent mon engagement contre l'enfance exploitée et pour les droits de l'Enfant à travers le collectif international « L'Enfant A la Parole » qui est soutenu à ce jour par plus 12 000 signataires à travers le monde. Nous tentons d'organiser par pays un tissu associatif pour la réinsertion familiale, scolaire et sociale de tous ces enfants déssocialisés et exploités d'une façon ou d'une autre, mais aussi de soutenir des structures qui ont des projets structurants pour l'enfance.

Je vous remercie aussi vous journalistes qui relaient et qui relaieront mes combats : mon engagement pour une meilleure visibilité de l'audace créative et de mon engagement pour les droits de l'Enfant. Merci aussi à tous vos autideurs. A l’année prochaine pour un autre grand spectacle.

Mame Faguèye BÂ, styliste et costumière

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Wed, 15 Dec 2010 18:21:59 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ
http://www.facebook.com/note.php?note_id=407141692856 <![CDATA[Tout sur mon kidnapping]]> http://www.facebook.com/note.php?note_id=407141692856

Point de presse de Claude le 11/06/2010

Enlevée le lundi 17 mai 2010 à Lomé au Togo, Mame Faguèye BÂ a été détenue dans des conditions inhumaines par ses ravisseurs jusqu'au vendredi 21 mai 2010.
Suite à un message sms provenant du N° +228 736 56 90 lundi 17 mai à 23h35, elle me rassure qu’elle est bien arrivée dans des termes qui ne sont pas habituels quand nous sommes séparés. Je décide de rappeler ce même numéro. C'est bien elle qui me répond en me rassurant mais avec une voix comme si elle avait été droguée, ne répondant pas à mes questions...
Je décide donc mardi matin 18 mai de chercher dans mon ordinateur le contact de Madame Syndiély Wade afin de l'alerter quand survient au même moment une coupure électrique. J'appelle de mon portable un commissaire de police et ami de la famille qui me demande de rencontrer le commissaire de la Direction des Investigations Criminelles - DIC. Je commence donc ma déposition pendant que les ravisseurs entâment leurs appels ou les appels de Mame Fa sous leurs menaces dictant ce qu'elle devait me dire. Les négociations avec les ravisseurs commencent avec précision puisque c'est lors de ma déposition à la D.I.C. que la demande de rançon de 150 000 000 FCFA est notamment précisée le même jour par les ravisseurs. Leur technique est de partager la somme entre des envois W.U. à Ayida GOYA, Hilda TOLI, Monalisa BEKA et sur un compte bancaire de Mensah KODJO à la Banque Populaire pour l'Epargne et le Crédit à Lomé. Conscient déjà qu'il faut absolument gagner du temps tout en donnant l'espoir aux ravisseurs que je suis prêt à payer, je leur suggère de me donner 48h. afin de réunir les 150 000 000 FCFA demandés. Il ne me donne comme dernier délai mercredi 19 mai à 12h00 "sinon je bute ta femme" me disent-ils. A chaque fois qu'ils me donnaient une échéance pour exécuter le paiement par un moyen ou par un autre, je demandais toujours de parler à Mame Faguèye. Cette requête était plus ou moins acceptée par les ravisseurs.
Après avoir passé des heures à la DIC, c'est vers 17h00 que je peux rentrer à mon domicile et chercher le contact téléphonique de Madame Syndiély Wade qui accède sans hésiter à ma demande et agit de suite par la diplomatie et par l'intermédiaire de Son Excellence Consul général sénégalais Mamadou DIOP à Lomé qui prévient immédiatement les autorités compétentes togolaises. C'est mercredi matin qu'un service spécial togolais est mis en place afin de localiser les ravisseurs et Mame Faguèye BÂ notamment par les signaux qu'ils émettent avec les portables +228 736 56 90 et +228 821 04 94 et les échanges des messages électroniques avant sont kidnapping. J'ai donc été contacté par les services d'investigation et d'intervention togolais afin de pouvoir les renseigner sur le contenu de mes négociations avec les ravisseurs dans le secret le plus total.
Alors que je ne devais n'avoir qu'uniquement peur de l'horreur de perdre la vie de ma femme, que dis-je ? Ma propre vie en sa personne, j'étais placé au centre d'un dispositif pour le moins incongru, à savoir, de Dakar, négocier avec les ravisseurs pour gagner du temps et renseigner les services togolais sur le terrain du contenu de mes conversations téléphoniques avec les kidnappeurs, et cela dans le plus grand secret. Mercredi soir vers 20h30 je me sens arriver au bout des négociations avec les ravisseurs puisqu'ils exigent de moi de verser des acomptes par W. U. et refusent catégoriquement ma proposition d'échanger ma venue à Lomé avec l'argent contre la vie de Madame Mame Faguèye BÄ . Il me vient alors une autre idée : afin de relancer leur espoir que quelqu'un accède à leur volonté de verser de l'argent par le moyen de W. U. je leur suggère que Faguèye est une femme publique et que s'ils appelaient les portables de personnes de son agenda téléphonique ils tomberaient forcemment sur plusieurs d’entre elles qui accepteraient de verser de l'argent par le moyen qu'ils veulent. Mon subterfuge fonctionne car c'est ainsi que les ravisseurs appelent à partir de son agenda téléphonique plus de 70 sénégalais et une amie de la famille française présente à notre domicile. J'ai une seule idée en tête : multiplier les contacts afin de donner encore plus d'espoirs aux ravisseurs ; gagner un temps précieux pour que les services de terrain togolais repèrent et localisent les signaux des portables des ravisseurs voire celui de Mame Fa et ainsi la garder en vie.
Je ne saurais vous dire pourquoi le jeudi matin un titre à la une annonce le rapt de Mame Faguèye avec un gros sous-titre "Ils ont exécuté 3 personnes". Ce que je sais c'est que ce patron de presse sénégalais a eu Mame Faguèye BÂ au téléphone en pleurs, tout comme moi 48h avant, sous la menace des ravisseurs avec deux machettes des deux côtés de sa gorge lui demandant également 150 000 000 FCFA tout en lui annonçant "ils ont exécuté 3 personnes" dicté par les ravisseurs eux-mêmes. Ce que je sais aussi c'est que Mame Faguèye a pris le risque de répondre "surtout pas" (ce qui n'avait pas été dicté par ses ravisseurs) à la question de ce patron de presse s'il devait mettre sous presse l'information de son kidnapping.
C'est donc sans vergogne qu'un quotidien change dans la nuit du mercredi au jeudi sa une. Ce que je sais aussi et ce patron de presse le savait aussi, que Faguèye était encore dans les griffes de ses ravisseurs quand jeudi matin dans vos kiosques était éxibé au sénégalais le "scoop" de la honte du rapt de Mame Faguèye BÂ au risque de faire changer le comportement de ses ravisseurs ce qui aurait été dramatique pour sa vie - ; et au risque également de terroriser la population sénégalaise dont toute la presse pendant plusieurs jours n’a cessé de fantasmer, supposer leurs « zones d’ombres », propager leurs rumeurs, jusqu’à salir l’image et la personne de Faguèye en affirmant notamment qu’elle se serait auto-kidnapper.

Politicosn.com : Vendredi 21 Mai 2010 titre :
Le vrai faux-enlèvement de la styliste Mame Faguèye Bâ
Je cite : « L'histoire du rapt de la sénégalaise, Mame Faguèye Bâ ressemble bien à un étrange montage ou plus ou moins à une bizarre histoire. En effet, aucun journal togolais privé ou public, ni un site Internet de ce pays consulté par politicosn.com, n'est au courant d'une affaire si grave» fin de citation. Bien évidemment puisque les services de police togolais sur le terrain agissent dans le secret le plus total comme il se doit. Ce qui n’est pas le cas à Dakar à partir de cette fameuse une...

Messieurs les « journalistes » quand vous n’avez que des « zones d’ombres » à écrire dans vos torchons : taisez vous ! Quand vous n’avez qu’une seule source d’informations non vérifiées et falacieuses de surcroit : taisez vous !
Sachant que les ravisseurs sont avant tout des cyber-criminels je fais retirer toute parution de cette affaire sur le net, je supprime tous les messages de demande de libération et de soutien sur les pages fb de mon épouse jusqu’à sa libération... Mais cette « une » fait beaucoup de mal. A partir de ce moment presque tout le Sénégal délire, hallucine, le poulayer caquette, les « sékous » (perroquets) répètent les rumeurs des hyènes de la presse qui n’ont aucune information sur l’enlèvement de Mame Faguèye BÂ. Encore une fois, évidemment puisque jusqu’à l’issue de cette affaire, le secret total de l’enquête doit rester de rigueur. Il n’y a d’ailleurs pas d’informations à Lomé. Pas un journaliste togolais est au courant de cette affaire jusqu’à son issue, car l’issue d’un kidnapping est une question que d’un seul choix possible : la vie ou la mort de la victime. Toutes les polices du monde le savent. C’est d’ailleurs pourquoi, appelé par les medias sénégalais je réponds que je n’ai rien à déclarer. Heureusement pour Mame Fa les services du terrain togolais ont déjà quadrillé l’endroit et sont presque prêt à intervenir.
Dans aucun papier de la presse écrite, sur le net, à la télé, à la radio, dans ce pays de la teranga et à aucun moment est posée la question : Comment va Mame Faguèye BÂ ? Nagadef Mame Fa ?
Et bien moi, je vais vous le dire comment pouvait aller cette femme combattante pour les droits de l’Enfant, discrète dans la vie, portant au sommet les couleurs de la création sénégalaise, costumière pour de nombreux longs métrages, ambassadrice de l’Association des Casques bleus de l’ONU, Chevalier des Arts et des Lettres du Sénégal, premier prix des costumes au MNET 98 en Afrique du Sud pour « Tableau Ferraille » de Moussa Sène Absa, sacrée meilleurs styliste d’Afrique de l’Ouest en 2002, etc... Comment pouvait aller Mame Faguèye BÂ détenue dans des conditions inhumaines par ses ravisseurs ? N’ayant ni dormi, ni mangé, ni bu pendant quatre jours, battue à mort avant sa libération par le GIGN togolais. Les ravisseurs se relayaient jours et nuits pour la rouer de coups quand elle fermait un oeil pour la garder éveillée. Elle a été droguée, martyrisée moralement et physiquement. « Je vais beaucoup mieux » répondant dignement aux journalistes à son arrivée à l’aéroport de Dakar, pensant déjà à aider les autorités sénégalaises à mieux prévenir et gérer une crise similaire dans l’avenir lors de l’audience le même jour, accordée par Monsieur le Président de la République du Sénégal..
Vendredi 21 mai 2010 vers 13h00 un coup de fil du chef des services togolais sur le terrain m’apprend l’heureux dénouement : Mame Faguèye BÂ est sauve entre ses mains et de son service. Inutile de vous dire que ma petite « cellule de crise » montée pour l’occasion à mon domicile avec Awa Bâ DIALLO, sa soeur ; Alioune Badara BÂ, son frère ; Anne-Marie Augustina BOURRELLY, française et amie de la famille ; Seynabou DIAGNE et Sona COLY, nos amies et « filles » ; Elke EICH, allemande et journaliste ; l’hystérie du bonheur d’avoir gagné un combat humain pour la liberté de notre reine à tous était bien présente.
Ce même vendredi vers 18h00 une dizaine de personnes font irruption à mon domicile. J’apprends quelques minutes après que la gendarmerie vient m’arrêter sur ordre du Procureur de la République pour « instigation à l’enlèvement de Mame Faguèye BÂ » En tout cas, c’est ce que je comprends. Ils confisquent tous les portables, les pièces d’identités de tout le monde, Brouhaha, on se calme. Je commence à raconter cette horrible histoire à partir du lundi et je demande d’appeler en haut lieu. Le major appelle le Procureur de la République qui rappelle à nouveau le major, s’apercevant par la même occasion qu’il vient de faire une grosse boulette. Dans cette journée du 21 mai 2010 que pouvait-il m’arriver de plus ?
Et bien si, cela continue comme pour salir encore plus son nom et son image, une télévision sénégalaise, ne trouve pas mieux que de vous montrer la maison familiale délabrée à Saint-Louis. En général, quand un reportage est réalisé en hommage à un créateur on fait voir pour le moins ses oeuvres, des archives de ses interwiews, voire l’endroit où la personne vit à Dakar, on interroge ses proches. On aurait pu interroger le papa, grand médecin, la maman, sage-femme à la retraite, une femme très digne et vivant à Saint-Louis, son oncle direct maternel, chef de la famille demeurant également à Saint-Louis. Rien de tout ça. On vous montre bien cette maison délabrée. On n’interview pas ses soeurs et frères Mody, Tidiane, Mamy, Awa ou encore Alioune ces deux derniers me supportant à notre domicile de Dakar dans cette épreuve. La raison de se reportage, de mon point de vue, est très claire. On vous dit que Mame Faguèye BÂ est une grande dame de la mode mais en réalité elle vit, non pas à Dakar mais à Saint-Louis dans des conditions misérables. Non contents qu’elle soit terrassée, meurtrie, terrorisée, à terre par ces cinq journées d’horreur et subissant encore les séquelles ; quelques uns et unes de ses compatriotes tentent de l’achever et tente de creuser le trou de son enterrement par méchanceté et mesquinerie au travers des medias. Je pose donc cette question, pour quelle raison cet acharnement ? Quelles sont les personnes physiques qui ont intérêt à ce que l’image et la personne de Faguèye soit salies ? On ne me fera pas croire que c’est la chaîne elle-même qui en a pris l’initiative.

Hé ! Vous gens malsains, ignobles ! Vous n’aurez pas Mame Faguèye BÂ. Vous essayez depuis plus de dix ans, de la terrasser et elle reste debout, combattante et digne ! Et à en croire les milliers de messages reçus par courriel, sur sa page fb, les sms, les coups de fil, les visites à son domicile elle a le soutien de tous les Saint-Louisiens et du peuple sénégalais.

La question « s’il fallait affrêté l’avion présidentiel pour son retour ? ». La moindre des choses est que le Sénégal par son représentant, son Président remercie les autorités togolaises d’avoir sauver sur son territoire une sénégalaise et d’envoyer une délégation présidentielle pour ce faire. Mame Faguèye BÂ a été très éprouvée lors de sa détention, elle en porte les traces physiques et morales encore aujourd’hui, notamment elle a encore du mal à marcher. Elle reçoit encore des soins intensifs et un traitement médical. Pensez-vous qu’elle aurait pu revenir sur sa terre natale par un vol régulier ? D’autant qu’elle n’a plus de papier, ses affaires ont été volées. Mon propre passeport était dans son sac. Il a fallu que je refasse mon passeport d’urgence pour faire partie de la délégation et ainsi apporter le réconfort moral indispensable que Mame Fa avait besoin d’un mari à sa femme. J’ajoute qu’il n’est vraiment pas utile que la presse relate cet épisode à la rubrique « politique » car les gens qui ont eu à intervenir dans cette histoire ne l’on fait que par humanité et par devoir envers leur concitoyenne. et j’ajoute que si cela s’était passé sous les anciennes présidences de la République du Sénégal, leurs équipes gouvernementales auraient agi de la même manière.

Ce drame pose trois questions principales et bien d’autres questions annexes qu’il faudra aussi traiter au Sénégal. L’une est comment mieux gérer une crise d’ordre international comme celle-là ? Notamment mieux coordonner les services. Deuxièmement : Comment traiter l’information pendant et après ce cauchemar ?
Quelles sont les solutions pour prévenir un kidnapping lors d’un voyage professionnel notamment des artistes dont les proies sont plus faciles ?
Il faut bien prendre en compte notamment que la cyber criminalité a franchi une étape car les internautes sont de plus en plus avertis des courriels envoyés par millions que nous recevons dans nos boîtes de réception. Les différentes loterie Bill gates et autres, les demandes de renseignement d’un opérateur téléphonique ou bancaire, les « je suis le fils de... », les voyances gratuites, etc... Cette pratique ne paie plus assez. Le kidnapping de Mame Faguèye BÂ est une première par ces cyber criminels qui ont associé l’escroquerie d’internautes plus ou moins crédules au grand banditisme, kidnapping avec demande de rançon. Ils ont engagé des tueurs dans cette affaire et surtout se sont servis du nom d’un groupe opérateur téléphonique qui organise effectivement un grand événement de mode en Sierra Leone. Ils se sont servis du nom du Directeur de communication de ce groupe et de son adresse courriel pour monter cette opération complètement crédible. Ce n’est pas la première fois qu’un artiste et que Mame Faguèye BÂ voyage dans le monde pour des prestations totalement prévues et contractées par le biais d’internet.

Maintenant il existe aussi une affaire sénégalo sénégalaise de l’affaire Mame Faguèye BÂ. Je ne poserai que des questions qu’il me semble légitimes.

Le trois avril dernier, jour de l’inauguration du Monument de la Renaissance, lors de la soirée de gala avec son programme bien établi dont les répétitions de ce programme ont été réalisées le jour même par tous les intervenants artistes et présentateurs... Pourquoi ce programme a t-il été bousculé et rallongé à la dernière minute alors que les mannequins devant défiler et habillés par Mame Faguèye BÂ étaient prêts à monter sur le podium et ont attendu plus de 1h30 dans les coulisses jusqu’à l’extinction des cameras de la RTS et du départ des autorités ?
Ne serait-ce pas à la vue de la qualité créative des costumes portés que le responsable de la coordination des défilés de cette soirée aurait modifié le programme ? Ou qui lui en a donné l’ordre ?

Pourquoi s’acharne t-on à salir l’image et la personne de Mame Faguèye tous ces jours derniers ?

Le combat de cette créatrice reconnue par ses pairs en occident comme « la Galiano africaine » est de faire comprendre ce nouveau métier au Sénégal dont elle possède toutes les compétences.
En effet, nous confondons souvent le métier de styliste et créateur avec celui de commerçant.
La création est un combat au même titre qu’un artiste plasticien doit combattre pour faire reconnaître son art avec sa propre démarche artistique. D’autant que la création de Faguèye est d’une haute valeur culturelle, que dis-je multiculturelle de part sa démarche artistique basée de ses recherches à travers l’Afrique et le monde. Vous ne verrez jamais un défilé de Mame Faguèye BÂ dont les vêtements représentent ce qu’elle vend à sa clientèle tous les jours ou une ligne de vêtement de prêt-à-porter. Elle ne monte sur un podium qu’avec de la haute-couture, de la création et toujours avec des modèles uniques et différents. Ce sont des costumes dont les volumes sont étudiés, empreintés de recherches de coupe, d’assortiment des couleurs, de mélange de matières travaillées...
Mame Faguèye BÂ est aussi costumière notamment pour le cinéma. Elle le dit elle-même à travers différentes interview. Je cite : « quand j’habille un comédien pour un film c’est avec des critères bien précis de la morphologie de la personne, sa personnalité, la personnalité de son rôle sur des recommandations également du réalisateur, etc... Et bien dans la vie réel j’ai à peu de choses près la même démarche pour habiller une dame ou un homme suivant son corps, sa personnalité, sa fonction et la fonction du vêtement au moment où il est porté. » fin de citation.
Cela s’appelle du relooking dans le jargon du monde de la couture et du design. Idem pour la création de ligne de vêtements pour une marque.
De part ses recherches historiques elle est en capacité aussi de représenter un livre culturel de l’habillement et de la parure.
Sa ville, Saint-Louis dont elle est fière et le Sénégal possèdent donc une créatrice mais elle est traitée dans son propre pays comme une commerçante. Croyez-moi, il faut vraiment changer la mentalité de notre propre regard de spectateur. Faire changer le regard des responsables de son ministère de tutelle afin que son pays le Sénégal puisse avoir un peu plus de crédibilité en matière de mode dans le monde. Et c’est bien le rôle de l’Etat d’inciter ses populations à tendre vers l’excellence et de combattre la médiocrité. Cela afin de protéger l’Art et la création et par extension la vie... La démarche de Mame Faguèye BÂ n’a rien à voir avec le seul concept de « Liberté d’entreprendre » et de démarche privée. Mame Faguèye BÂ ne sera jamais chef d’entreprise. Mame Faguèye BÂ ne sera jamais bonne commerçante. Mame Faguèye BÂ est seulement une combattante pour son métier de créatrice au Sénégal.
Cette dame se bat pour rester au Sénégal et jusqu’à présent elle refuse des propositions de l’occident. Faisons en sortes qu’elle puisse continuer à travailler, à créer chez elle, dans son pays !
Relevons le défi de structurer la profession, notamment créons une vraie filière de fabrication textile. De la conception en passant par le patronage jusqu’à la finition du vêtement. Avec de vrais investisseurs, un vrai dirigeant d’entreprise, un vrai créateur et revalorisons les métiers qui composent la confection : modélistes, brodeurs, tailleurs,... Voilà qui serait crédible aux yeux d’acheteurs, d’investisseurs, de distributeurs... Au lieu de laisser s’installer l’idée qu’on est « styliste » parce qu’on a un peu d’argent et qu’on peut créer une boutique. La création est une activité à plein temps !
Mame Faguèye BÂ s’est donné comme autre combat de faire respecter les droits de l’Enfant contre toute forme d’exploitation de l’Enfant par l’Homme. Aidons là à créer un Centre d’accueil de réinsertion scolaire et sociale. Aujourd’hui, de part son actualité ressente elle veut aider également à la réflexion afin de protéger ses compatriotes qui voyagent à l’étranger. J’ai tenu à vous présenter qui est Mame Faguèye BÂ car sa discrétion et sa modestie l’empêcheront de vous le dire elle-même.

Mes remerciements et j’en finirai par là.

Je remercie chaleureusement du lundi 17 mai au vendredi 21 mai dernier
Madame Syndiély WADE, pour avoir accéder à la demande d’aide de Faguèye à travers ma voix et qui a su en toute humilité actionner la diplomatie au Togo en un temps record ; de m’avoir accompagné et d’être patiente à mes sautes d’humeur pendant la durée de cette tragédie.

Je remercie
Monsieur le Ministre d’Etat des Armées Abdoulaye BALDE pour m’avoir reçu et m’orienté dans mes démarches au Sénégal.

Je remercie
Son Excellence Consul général du Sénégal à Lomé, Mamadou DIOP pour avoir appelé immédiatement les autorités compétentes du Togo et de les convaincre de l’urgence de cette affaire. Pour avoir soutenu Faguèye. Je vous remercie Mariama, sa femme et toi Mamadou d’avoir gardé Mame Fa, chez vous en vous relayant jours et nuits à son chevet et cela de sa libération à son retour à Dakar.

Je remercie
Monsieur le Ministre de l’intérieur du Togo, Mohamed Atcha TITIKPINA d’avoir le mercredi à partir de 1 heure du matin et dans la plus grande discrétion, mis à disposition tous vos services sur le terrain, d’investigation, d’ingénieurs, GIGN et d’avoir sorti mon épouse de l’enfer.


Je remercie chaleureusement
Le Colonel M. Qui dirigeait les opérations sur le terrain et avec lequel je tentais de renseigner les éléments que je glanais au cours de mes conversations téléphoniques avec les ravisseurs.

Je remercie
Madame A.A. coordinatrice que je renseignais également quand son patron ne pouvait pas me répondre.

Je remercie
Le Capitaine MACAMANZI Atafèi, médecin et toute son équipe pour s’être occupé des soins intensifs et d’être aussi au chevet Mame Faguèye BÂ après sa libération.

Je remercie
Toute « ma cellule de crise » citée tantôt pour avoir soutenu Mame Faguèye BÂ en m’aidant et d’avoir aussi travaillé pour qu’elle nous revienne.

Je remercie du jeudi 27 mai au vendredi 28 jour de son retour à Dakar

Monsieur le Président de la République du Sénégal pour avoir affrêté un avion pour le retour de Mame Faguèye ; pour nous avoir reçu en audience le 28 mai dernier et avoir mis toutes les dispositions nécessaires pour la suite à donner à cette affaire ; pour avoir mis à disposition le Capitaine Cambel DIENG, psychiatre pour le rétablissement de Faguèye ; d’avoir pris en considération qu’une nouvelle criminalité s’installe et de sa volonté d’y faire face ; de nous avoir soutenu par des actes concrets. Je suis certain de son soutien futur et qu’il suivra personnellement l’après de ce calvaire.

Je remercie
Toute la délégation sénégalaise conduite par Monsieur Abib SY, chef de cabinet de Monsieur le Président du Sénégal qui a permis de remercier les autorités togolaises notamment Monsieur le Président de la République togolaise Faure GNASSINGBE (Que je remercie également au passage) comme il se devait ; d’avoir soutenu Mame Fa votre compatriote...

Je remercie
Toutes celles et ceux qui sont venus l’accueillir avec chaleur et sincérité à l’aéroport malgré cette campagne de calomnie et de mensonge. Je pense particulièrement à Monsieur le Ministre de l’information Moustapha GUIRASSY, Monsieur le Secrétaire général des Affaires Etrangères, Seynabou DIAGNE, Anne-Marie BOURRELLY, Anta Sow KAMARA, Elke EICH, Eugène NJEMAPNDI , Prince MBOUP, ses collègues, tous les mannequins (ses enfants) et pour certains amis de la famille interdits de salon d’honneur, aux journalistes présents notamment ceux de Walf qui nous ont accompagné au Togo et qui ont contribué à rétablir une grande partie de la vérité. D’autres amis se reconnaîtront, celles et ceux qui ont été prévenus en retard. Je pense à Bineta SALSAO, collègue et amie de Mame Fa, Madame Diouma Dieng et bien d’autres.

Je remercie
Toutes celles et ceux enfin, qui soit par leur visite ou leur message de soutien participent à faire le deuil de quelques jours horribles d’une vie. Vous comprendrez que je ne peux les citer, ils sont plusieurs milliers. Entre les contacts sur fb, les courriels, les sms, le téléphone...

J’aurais à remercier plus tard, et j’espère que Mame Faguèye BÂ le fera bientôt elle-même, les personnes qui contribuent à nous aider pour toutes les suites à donner à cette affaire.

Merci à vous tous d’avoir contribué à sauver Mame Faguèye BÂ et qu’elle puisse pendant de longues années vous faire partager ses combats et ses créations.
Mame Faguèye BÂ reviendra elle-même vers vous pour une conférence de presse quand son état lui permettra.
J’ai dit.

Claude Feix

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Sat, 12 Jun 2010 07:00:12 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ
http://www.facebook.com/note.php?note_id=268736147856 <![CDATA[Interview réalisé par Fériel Berraies Guigny pour New African Woman N°3]]> http://www.facebook.com/note.php?note_id=268736147856

Qui est Fagueye Ba ?
Je m'appelle Mame Faguèye BÂ, je suis styliste et costumière, saint-louisienne du Sénégal.

Parlez nous de votre création. Vous ciblez plusieurs domaines : la haute couture, le prêt à porter, les accessoires ?
Disons que je ne me limite pas à dessiner des lignes de vêtements. J'ai aussi une démarche artistique comme un sculpteur devant ses matières. Je tente de rendre beau ce qui n'est pas forcément noble au départ. J'aime à travailler, à transformer la matière ; lui donner du volume ; travailler de nouvelles coupes ; harmoniser les couleurs... Je suis née à Saint-Louis du Sénégal. C'était la capitale de l'AOF comprenant le Mali actuel, le Sénégal et la Mauritanie. Saint-Louis était aussi un comptoir pour l'Europe. Je m'y ressource fréquemment et tente de rendre hommage à cette ville par mes créations en exprimant cette diversité culturelle. Je suis également costumière, notamment je viens de terminer les costumes pour un spectacle de danse dédié à l'hommage à Maurice Béjart à Dakar où j'ai pu revisiter le "Sacre du Printemps" et eu le plaisir d'habiller Germaine Acogny. J'ai eu à réaliser les costumes de "Tableau Ferraille" de Moussa Sène Absa qui m'a valu le premier prix des costumes au MNET 98 en Afrique du Sud. J'ai également fait les costumes de "Karmen", "Un Amour d'enfant", "Le Prix du Pardon" pour les réalisateurs africains mais aussi "Capitaine des Ténèbres" de Serge Moati, "Tremblements Lointains" de Manuel Poutte, réalisateur belge, "Black" de Pierre Laffargue, réalisateur français... Créer un style pour une personne par rapport à sa personnalité, ses fonctions, son rôle, la personnalité de son rôle, ses formes : que ce soit au cinéma ou dans la vie, j'ai à peu de choses près la même démarche. Au cinéma, il faut en plus gérer les costumes, les patiner, reproduire un costume fonctionnel pour les films historiques ou le style de l'époque. Quelques mois avant sa mort, Henri Duparc voulait travailler avec moi pour ses nouveaux projets de film et cela n'a pas pu se faire. C'est un grand regret pour moi. Au delà de l'homme chaleureux qu'il était, il a apporté une vision du cinéma en Afrique.

A qui sont destinés vos créations ?
Ma clientèle est vraiment très variée. Bien sûr, je suis sénégalaise et je fais des kaftans, des boubous, des tenues de ville qui représentent mon travail de tous les jours, mais je ne suis pas une créatrice ethnique. Je tente au contraire que mon style plaise au monde entier. Qu'une toile soit réalisée par un artiste peintre en Afrique ou en Europe si le travail est bon, il l'est pour tout le monde. Ce que j'aime à présenter sur les podiums sont mes créations, des modèles où l'on voit vraiment le travail du créateur. Que le public ressente cette émotion qui se rapproche de la mienne quand j'ai eu à réaliser le modèle qui passe devant leurs yeux. Pour mon travail de ligne de vêtement prêt-à-porter, ce devrait être une marque qui porte ce travail et qui devrait le montrer.

Qui est la femme Mame Faguèye Ba ?
Je suis une femme simple qui aime ce qu'elle fait. Je tente d'être une citoyenne du monde, pour le reste c'est à mon entourage à qui faut poser la question.

Pensez vous un jour créer pour les hommes ?
Il faut leurs demander ce que je fait pour eux. J'aime à habiller les hommes, leurs donner un look qui leur correspond. Du costume au kaftan en passant par des tenues dites urbaines. Notamment j'ai eu à créer pour un distributeur américain une ligne "urbaine" 15/25 ans (filles et garçons.).

Quelle est votre vision de la création Africaine ? pensez vous qu'il est temps qu'elle s'exporte plus à l international ?
De quelle création parlez-vous ? La création ethnique ou la création destinée à la communauté africaine ? Dont les modèles ont été vus et revus. La création dans sa conception doit-être une vision universelle. Nous avons peu de créateurs portant cette vision en Afrique. Ce qui pousse le créateur à devenir commercial de son entreprise. Ce sont deux métiers différents qui a tendance à limiter le créateur. Au mieux, il devient créateur d'événements. Demandez à Galiano de créer des vêtements pour son ethnie... Un créateur doit se rapprocher de l'universel sous peine de se limiter lui-même. Sinon, bien sûr que la création africaine est riche, riche en couleurs, riche en matières et riche des différentes façons de travailler cette matière. Il faut croire à notre savoir-faire car sinon vous en serez à rendre un hommage à titre postume comme on l'a fait pour Chris Seydou qui n'a pas vécu de ce métier à la hauteur de ses compétences.

Quels sont les principaux freins ?
Où sont les créateurs professionnellement reconnus ? Là où il y a une industrie du textile forte prête à créer des marchés. En Afrique subsaharienne nous n'avons pas d'industrie du textile. Cela pose une vraie question. Prenez la filière coton, une partie est produite en Afrique et elle nous revient en tissu sous des marques européennes comme la plupart des tissus. Très peu de distributeurs appellent un styliste d'Afrique pour dessiner une ligne où s'il le fait c'est dans des conditions innacceptables où vous êtes le "nègre" du soi-disant créateur... Il faut vraiment, à la fois, que l'on assainnisse notre secteur et qu'on l'organise. Où sont les investiseurs qui croient professionnellement investir avec un créateur ? Voilà autant de questions qu'il va falloir répondre très vite pour ne pas se priver de la beauté d'un nouvel esthétisme naissant.

Aujourd'hui Dakar est une capitale de la mode respectée, que voudriez vous nous dire à ce sujet?
Dakar capitale de la mode... En tant que sénégalaise je le souhaite. Il y a eu des tentatives, comme la SIMOD d'Oumy Sy à qui il faut rendre hommage. Il y a Sira Vision de Collé Sow. Le reproche que je peux faire de ces événements : c'est que chacun de nous peut faire son événement propre en invitant les autres... Mais de là, à en faire son propre carrefour de la mode, il y a un pas que je ne veux pas franchir. N'y a t-il pas encore là mélange des genres ? Il nous faut de véritables professionnels internationaux de la mode indépendants des créateurs capables de créer des événements à la hauteur. Où ce serait le travail de chacun qui est mis en valeur. Lors de ces événements il faut que les professionnels de la mode mondiale soient là, les journalistes aussi pour que l'on puisse dire que Dakar est une capitale de la mode respectée. J'ai été sacrée meilleure styliste de l'Afrique de l'Ouest en 2002 à l'occasion de ECOFEST organisé au Nigeria. Cet événement a récompensé des stylistes et des mannequins. Il a été organisé par des professionnels. Le jury était composé de professionnels de la mode internationale, africaine mais aussi européenne et américaine. Je souhaite vivement faire défiler mes créations à Dakar dans ces conditions.

Le Président Wade vient d'offrir une boutique pour la création africaine internationale, pensez vous que ce genre d'initiative suffise?
C'est une bonne initiative en effet. Notre président nous a aussi promis une visibilité dans de grands magazines de la mode internationale en français et en anglais. Mon souhait est que ces "boutiques" soient plus un principe de show-rooms où des critiques pourraient voir le travail de chacun comme cela se fait en Europe. Il me parait aussi important de créer un salon de la mode annuel où des professionnels, financiers, distributeurs seraient présents.
J'ai un autre souhait à faire : c'est celui, de la visibilité des corps de métiers que forment notre secteur d'activité. Nous avons une richesse artisanale à développer comme la broderie par exemple. Des savoirs-faire indiscutables que nous avons du mal à utiliser par manque d'organisation et de financement. Ce qui pousse ce secteur à se cacher sous la bannière styliste pour pouvoir défiler sur un podium... Encore une fois, il nous faut organiser le secteur en rendant respectables les métiers artisanaux de la mode. L'investisseur, le chef d'entreprise, le commercial, le styliste qui doit utiliser les corps de métier de cette filière, ne peut pas être la même personne...

Parlez nous de votre collection actuelle? thématique, choix des tissus?
Je vous ai parlé un peu de ma démarche tantôt. J'aime à travailler la matière, à lui donner forme et volume dans la sobriété. Je travaille aussi bien les matières dites nobles comme la soie ou le cuir que des matières tissées comme le coton, le lin, l'organza que je mélange avec des matières solides comme la calebasse et des accessoires comme l'ambre ou le cuivre, des coquillages... Avec ma dernière collection j'ai beaucoup joué avec les noeuds de cordons pouvant rappeler le lien entre chaque être humain. J'utilise aussi d'autres techniques : peinture, broderie, tricot, dentelle... Bien sûr je travaille le pagne tissé de nos régions, notamment celui de Casamance manjak, artisanat réputé, mais aussi des teintures traditionnelles. En tout les cas c'est cette création là qu'il me plait de montrer sur les podiums.

Vous êtes une femme engagée et quels sont vos combats ?
La création est un combat de vie, un engagement pour la vie. En dehors de mon combat professionnel notamment celui de faire reconnaître une profession, j'ai un regard sur mon environnement, ma vision humaine du monde, j'essaie d'avoir un sens critique qui attise forcément ma sensibilité de mon gout de la justice et d'égalité des chances. La nature tiend le langage de la loi du plus fort. C'est comme ça que cela marche dans le règne animal. Je suis une de celles et ceux qui pensent que la raison doit défendre une société plus juste, plus humaine. Vous savez, nous sommes abreuvés d'informations... On nous parle de crise financière... Quelle belle phrase pour exprimer le plus grand hold-up de tous les temps. C'est vrai que je ne suis pas économiste mais on a beau m'expliquer techniquement pourquoi cette crise est due par tel ou tel mécanisme, nous justifier que la bourse s'écroule que cela va agir sur l'économie réelle... Que l'on m'explique alors qu'est-ce donc cette "économie irréelle". Nous voyons les plus grandes banques du monde en faillitte, des pans industriels, de grandes marques s'effondrer du jour au lendemain des milliers de gens sans emplois. Je me pose la question suivante : où est passé l'argent de tous ces profits accumulés pendant des décennies par ces mêmes structures "morales" ? Si ce système permet la spéculation, il faut le combattre. Nous savons que des millions de personnes meurent de faim dans ce monde uniquement parce que les pays où vivent ces gens ne sont pas solvables pour l'industrie alimentaire qui est en fait tenue par quatre ou cinq multinationales. C'est intolérable, d'autant que nous produisons plus que de bouches à nourrir. Je crois vraiment qu'il y a deux combats essentiels à mener celui de l'environnement et celui de la défense des droits humains et plus particulièrement celui du plus faible l'Enfant. Comment parler de développement durable ? Comment combattre des fléaux comme les pandémies, la drogue, la délinquance si la plupart des victimes que représente l'enfance est déssocialisée et exploitée ?

Parlez nous de l'Association sur les enfants des rues?
Nous n'avons pas créer l'Association Espace Faguèye sur les enfants des rues à proprement dit. Nous sommes avant tout une communauté d'artistes qui pensent que l'art, et l'audace créative doit aussi servir pour une communication sociale. C'est pourquoi nous avons créer un collectif international "L'Enfant A la Parole" qui a pour ambition de créer un grand mouvement solidaire pour combattre l'exploitation des enfants sous toutes ses formes. Nous sommes entrain d'organiser des Comités de pilotage par pays car si la cause de cette exploitation est commune : la misère, sa traduction est souvent différente selon les cultures, les pratiques... Dans certains pays on fait travailler les enfants en l'état d'esclavage, il y a le cas des "petites bonnes" maltraitées, il y a le cas du trafic d'organes d'enfants, les enfants soldats ; ceux en état d'esclave qui extraient le coltan dans les mines au Congo ; les enfants de la rue ; les enfants mendiants comme dans mon pays qu'on estime à plus de 500 000 enfants qu'on appelle "talibés" qui doivent rapporter leur 500 FCFA quotidiens sous peine d'être maltraités par leur tuteur appelé marabout. Faisons le calcul 500 FCFA que multiplient 500 000 enfants (qui est une fourchette basse par jour) cela nous permet de comprendre mieux le manque de volonté politique à éradiquer ce fléau honteux de nos rues. En dehors du fait de l'intolérable, nous mettons l'accent dans ce combat sur l'égalité des chances, c'est-à-dire que tous les enfants aient droit à la protection, à l'éducation "formelle" (au suivi du programme scolaire de l'Education nationale) et à la Santé. Nous insistons sur ces trois leviers essentiels que sont : le Juridique, l'Education et la Santé. Sur le plan juridique dans les états du Nord le cadre est posé mais les secteurs de l' Education, de la Santé se dégradent et les lois sont de moins en moins respectées. Dans certains pays, notamment en Afrique, de nombreuses lois restent à écrire ou à valider par les Assemblées nationales afin que ces Etats soient conformes au respect des Droits de l'Enfant et cela concerne :
- de rendre obligatoire l'enregistrement à l'Etat civil dès la naissance ;
- de rendre l'école obligatoire entre 3 et 16 ans (suivi du programme scolaire de l'Education nationale) ;
- des lois sur la maltraitance, la traite d'enfant, l'esclavagisme,… ;
- des lois d'accompagnement notamment de prise en charge "des enfants de la rue" ou dans un état de précarité...
Sur le plan de la Santé, nous demandons le dépistage et un programme de vaccination gratuit des maladies infectieuses et contagieuses comme le choléra, la tuberculose, le VIH/SIDA, etc… pour tous les enfants dans cette situation de précarité ainsi que la prise en charge immédiate et gratuite des enfants malades… Voici quelques uns des thèmes qui feront l'objet de conférences, de soirées / spectacles, de nouveaux supports originaux de communication afin de sensibiliser toutes les forces et toutes les couches sociales d'un pays.
Nous avons conçu des supports qu'il nous faut financer. En premier lieu il y a l'appel sur le net à l'adresse http://www.lenfantalaparole.com
dont plus de 8 000 signataires soutiennent l'initiative aujourd'hui. J'appelle vos lecteurs à signer en masse cet appel à la dignité. Notre démarche est de créer des événements spectacles pour financer des structures de terrain qui ont des projets structurants pour les enfants basés sur la prise en charge des enfants en vue d'une réinsertion d'abord familiale quand cela est possible mais aussi scolaire et sociale. Nous avons aussi conçu des supports comme affiches, documentaire, une chanson, émissions de télé et de radio, un journal gratuit sous forme de bandes dessinées en direction des populations les plus reculées qu'il nous faut financer... Tout cela représente une campagne internationale afin de sensibiliser, mobiliser tous les acteurs qui forment une société.
Nous savons pertinemment que notre travail n'est pas seulement humanitaire, d'ailleurs la prise en charge de cet inacceptable fléau par l'unique besoin humanitaire est un échec... Il est impératif de considérer ce fléau comme un problème global au même titre que l'environnement où l'eau, la pollution, le réchauffement climatique sont des enjeux de vie. L'éradication de l'exploitation de l'Enfant par l'Homme est aussi un enjeu de vie pour l'ensemble des Hommes de la planète car sans une prise en charge sociale de ce phénomène aucun développement n'est possible.

Quel message voudriez vous faire passer par rapport à ces enfants?
J'aimerais dire ceci à vos lecteurs que je salue au passage. Nous pouvons dire aimer notre pays ou notre continent, mais sans la volonté de faire par tous et le refus de l’intolérable, tout appel à la solidarité et à l’amour serait une imposture. Il faut agir vite pour ces enfants. Plus d'enfants des rues ! Plus d'enfants exploités. Une seule morale doit compter dans ce combat : le respect des droits de l'Enfant.
Merci à vous de m'avoir invitée dans vos pages.

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Wed, 20 Jan 2010 13:21:12 +0000 Mame Faguèye BÂ Mame Faguèye BÂ
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